Réforme du congé parental : une contrainte pour les familles

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Réforme du congé parental : une contrainte pour les familles

 Le Conseil d’Administration de l’UDAF 66 a examiné le projet de loi "pour l’égalité entre les femmes et les hommes" réformant le Complément Libre choix d’activité (CLCA). Eclairé par les résultats d’une étude qualitative réalisée par l'IPSOS et l'UNAF sur "Les pères et le congé parental", il a approuvé les propositions formulées par l’UNAF et alerte sur les effets négatifs d'une obligation de partage tant sur la qualité de vie des familles, que sur leur organisation familiale et leur pouvoir d'achat.

 

L'UDAF 66 regrette que cette étude n'ait pas été prise en compte par les Députés qui ont voté la réforme du congé parental le 20 janvier dernier. Ce que disent les parents de l’obligation de partage n'a pas été entendu :

 

Les pères veulent avant tout respecter le choix des mères Le congé parental, qui intervient au moment de la petite enfance, est décrit par les pères comme un temps d’abord maternel, il est bien souvent vécu et ressenti, par les pères comme un prolongement de la grossesse, du congé maternité lui-même, pour des raisons biologiques (permettre à la mère de récupérer après l’accouchement), physiologiques (allaitement), psychologiques (fusion mère/enfant). Pour eux, la présence paternelle trouve néanmoins toute sa pertinence plus tard, c’est-à-dire plus au moment de l’enfance que de la naissance à proprement parler. Ils vivent leur paternité dans une logique de complémentarité avec la mère et non de substitution.

 

Les pères craignent une perte financière pour la famille et les difficultés professionnelles Même si certains pères ont envisagé de prendre un congé parental, le manque à gagner sur les revenus familiaux (surtout pour les plus modestes), la crainte de perdre leur place dans l’entreprise et le regard de leur entourage professionnel, la méconnaissance des droits, la faible indemnisation… sont autant de freins qui les ont finalement dissuadés. La nécessité de se maintenir dans l’emploi, dans le contexte actuel de chômage, ne les encourage pas à prendre le risque de s’arrêter pendant plusieurs mois.

 

Pour les pères : l’importance du libre choix et de la souplesse Autre enseignement de l’étude, le projet gouvernemental achoppe directement sur la conception de la paternité et sur les contraintes du monde du travail. En effet, la conception de la réforme est perçue par les pères comme voulant définir une paternité d’obligation, là ou les pères se vivent plutôt dans une paternité d’intention. Ils ne veulent pas être obligés. C’est la raison pour laquelle ils plébiscitent le congé paternité, et proposent même de l’allonger, en souhaitant que sa prise puisse être fractionnée. La souplesse est également un élément souhaité par les pères.

 

La question de la garde d’enfant, en cas de non partage En cas d’impossibilité de partage, les parents s’interrogent sur la façon dont ils vont faire garder leur enfant jusqu’à l’entrée à l’école. Comment trouver un assistant maternel ou une crèche pour 6 mois, entre la fin de l’indemnisation et l’entrée en maternelle ?

 

L'UDAF 66 espérait que les mesures permettent réellement aux pères de prendre leur place aux côtés de leurs enfants, comme le préconisait l'UNAF, cette réforme aurait pu :

1. Promouvoir et allonger le congé de paternité à un mois. 2. Promouvoir activement auprès des pères le congé parental, notamment à temps partiel qui permet de se maintenir dans l’emploi, tout en s’occupant de ses enfants (information obligatoire de l’employeur, courrier de la CAF adressé au père, campagne publicitaire…). 3. Assouplir le congé parental et son indemnisation (possibilité de temps partiel à 90 %, prise du congé parental par les deux parents sur la même période à temps partiel, amélioration de l’indemnisation du congé parental par l’extension du COLCA réservé aux familles de 3 enfants, aux familles de 2 enfants, assouplissement des conditions de prise du CLCA (fractionnement ou crédit temps).

L'UDAF 66 approuve et félicite naturellement l’allongement du congé parental de 6 mois pour les pères dès le premier enfant : c’est une réelle incitation et non une contrainte.

 

Sous couvert d’égalité, l’UDAF 66 voit dans cette réforme du congé parental : une atteinte à liberté pour les familles, une baisse d’attractivité du congé parental, une hausse programmée en besoins de modes d’accueil et donc, au total, une nouvelle mesure d’austérité pour les familles, comme le craignait également l'UNAF. Les parlementaires n'ont malheureusement pas saisi la possibilité de changer le sens de cette réforme malgré des éléments fournis par l'UNAF pour qu'elle soit plus efficace et plus respectueuse des aspirations des pères et des mères.

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